Kobron, homme fait d’argile

Artiste devient rebelle pour toute la vie

Dans ma jeunesse, nous avons fortement contesté des normes généralement acceptées et la réalité politique. C’était, sans hésiter, la lutte contre le système d’auparavant. Je reviens toujours avec affection à cette période-là même si ce raisonnement n’est pas approuvé par mes proches et, en particulier, mes parents. Je les comprends parfaitement, malgré de nombreuses années passées, ils se souviennent de cette époque bien difficile comme si c’était aujourd’hui. L’adolescence est naturellement associée aux petites crises familiales, d’autant plus lorsque vos parents travaillent pour l’État dont vous êtes vous-même son adversaire. Avec mes amis, nous avons trouvé l’exutoire de notre expression artistique et iconoclaste dans l’art urbain. Chaque mur de la ville de Zory est devenu le nôtre et c’est alors que sur une toile de brique est né Kobron.

Kobron, branche capitaliste de la fraternité ouvrière

À vrai dire, c’est la première et la dernière fois que je développe cet acronyme, car nous avons convenu avec les membres de Kobron que personne à part nous n’en connaîtrait le sens. C’est pourquoi nous n’avons pas utilisé de lettres majuscules dans le nom “Kobron”. Cela devait induire en erreur les destinataires des activités de Kobron qui assimilaient nos déconnades avec une unité non identifiée. Bien sûr, l’abréviation elle-même a été créée dans les vapeurs de l’Artemisia absinthium et le premier à l’avoir utilisée était Krzysztof,  mon meilleur ami. Le nom a été accepté avec approbation par moi, Iwo, et mon pote Jaroslaw. Et oui, nous fonctionnons ainsi depuis 1987.

Kobron, vandale anonyme de Zory

Je vais oser dire que nous avons toujours été de personnages forts et controversés, les chanteurs de liberté et d’individualité pour qui l’individu est plus important que le groupe. Chacun de nous a suivi son propre chemin et a représenté son propre point de vue toujours en opposition au système de protection sociale. La seule empreinte que la République populaire de Pologne ait laissé sur Kobron était la foi en son succès à travers le travail en équipe. En effet, Kobron devait sa force à trois personnes qui croyaient aveuglément que sa grandeur n’était possible que par le travail en commun. À cette époque, nous étions fortement inspirés par le street art occidental, bien que cela soit difficile à imaginer, car trois garçons ordinaires étaient sur mesure d’avoir accès aux dernières tendances de l’État qui contrôlait tout et chacun. Heureusement, nous avions l’intélligence dans les gênes… Ainsi, de plus en plus de murs de notre ville étaient couverts de créations originales et expressives signé Kobron.

Nous confions donc le brique à l’argile

Nous nous débrouillions pas mal mais plus le temps passait, plus nous étions à court d’argent. Avec la rentrée dans l’âge adulte, les autres membres de Kobron ont commencé à se sacrifier pour la prose de la vie. Je créais parallèlement des peintures sur des murs et sur des toiles, dans l’espoir de réussir au moins au niveau local. Malheureusement, la forme iconoclaste avec une petite touche d’humour s’est avérée trop abstraite pour la communauté locale. À la fin de 1994, en raison de certains changements dans ma vie privée, j’ai commencé à m’éloigner de cette forme artistique en faveur de la sculpture sur argile. Je m’explique continuellement que les toiles en brique m’accompagnent jusqu’à présent, mais qu’elles ont juste acquis une nouvelle forme tridimensionnelle, beaucoup plus appréciée par le public… Eh bien, je réalise aussi mes rêves, car comme vous pouvez le constater sur mon compte Instagram @Iworynkiewicz, mon art abstrait a été reconnu en Occident, en Scandinavie et même de l’autre côté du globe !

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